Silo Tunisie · OuiJob

L'accord franco-tunisien d'échange de jeunes professionnels : comment en bénéficier en 2026

Cet accord bilatéral signé en 2008 est le levier le plus efficace pour les Tunisiens de 18 à 35 ans qui veulent acquérir une expérience professionnelle française. 1 500 places annuelles théoriquement disponibles, sous-utilisées en pratique. Voici exactement ce qu'il prévoit, qui peut en bénéficier, et comment activer le dispositif.

Services consulaires et OFII entre la France et le Maroc — illustration

← Retour au guide Tunisie

L'accord franco-tunisien de 2008 — cadre général

Signé le 28 avril 2008 par les deux gouvernements et entré en vigueur en juillet 2009, l'accord franco-tunisien relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire a structuré la mobilité bilatérale autour de plusieurs piliers : la circulation des personnes, la mobilité étudiante, la mobilité professionnelle, et le développement solidaire.

Son article 4 est le plus exploité concrètement : il crée le statut de « jeune professionnel », qui permet aux Tunisiens de 18 à 35 ans de travailler en France pendant 3 à 24 mois dans leur qualification, dans le cadre d'un contrat de travail avec un employeur français, avec une procédure d'autorisation de travail simplifiée et accélérée.

Le quota officiel est de 1 500 places par an dans chaque sens. En pratique, moins de la moitié de ce quota est consommée chaque année — d'où l'opportunité concrète pour les jeunes Tunisiens qualifiés.

Conditions pour bénéficier du statut « jeune professionnel »

Quatre conditions cumulatives doivent être remplies. La plus filtrante en pratique est la correspondance entre votre qualification et le poste proposé.

  • Âge entre 18 et 35 ansAu moment du dépôt de la demande. La règle de l'âge est appréciée strictement.
  • Qualification professionnelleDiplôme bac+2 minimum, ou qualification professionnelle équivalente reconnue (certificats CFP tunisiens, attestations professionnelles documentées par 3+ ans d'expérience).
  • Contrat de travail signé avec un employeur françaisDurée 3 à 24 mois. Le poste doit correspondre à votre formation et/ou votre expérience. Rémunération au moins égale au minimum conventionnel du secteur.
  • Avis favorable des autorités françaises et tunisiennesL'ANETI valide la candidature côté tunisien, la DREETS côté français. Procédure simplifiée mais pas automatique — un dossier propre est essentiel.

Avantages concrets du statut jeune professionnel

Limites à connaître

Durée maximale 24 mois non renouvelable en tant que telle. À l'issue, vous devez soit rentrer en Tunisie, soit basculer sur un visa salarié standard si vous trouvez un nouveau contrat éligible. Pas de transition automatique.

Pas de regroupement familial sur le titre de séjour « jeune professionnel ». Pour faire venir conjoint et enfants, il faut basculer sur un titre standard (passeport talent ou VLS-TS salarié classique avec ancienneté suffisante).

Lien fort avec l'employeur initial : un changement d'employeur en cours de contrat nécessite une nouvelle autorisation de travail (et n'est pas garanti).

Conditions de rémunération minimales : la rémunération doit être au moins égale au minimum conventionnel du secteur. Pour les profils tech-numérique, c'est rarement un problème ; pour certains métiers moins rémunérateurs, le minimum conventionnel peut être un plafond bas qui rend l'opération moins attractive financièrement.

Procédure étape par étape

Étape 1 — Trouver un employeur français. Soit en direct via OuiJob ou plateformes d'emploi, soit via les programmes structurés (ANETI, THAMM). L'employeur doit accepter de participer au dispositif jeune professionnel et adapter le contrat (durée 3-24 mois, rémunération au minimum conventionnel).

Étape 2 — Validation ANETI. L'ANETI vérifie votre éligibilité (âge, qualification, correspondance au poste) et transmet votre dossier à l'OFII. Cette étape se fait depuis votre agence ANETI locale.

Étape 3 — Validation DREETS et OFII. Côté français, la DREETS instruit la demande d'autorisation de travail (procédure simplifiée jeune pro), l'OFII coordonne. Décision en 2-3 semaines généralement.

Étape 4 — Dépôt visa TLScontact Tunis. Une fois l'autorisation de travail délivrée, prise de rendez-vous TLScontact pour le dépôt du visa long séjour « jeune professionnel ». Frais 99 €.

Étape 5 — Délivrance du visa et arrivée en France. Visa long séjour valable pour la durée du contrat (3-24 mois). À l'arrivée, validation OFII + visite médicale + délivrance du titre de séjour « jeune professionnel ».

Articulation avec le programme THAMM

Pour quel profil ce statut est-il vraiment intéressant ?

Profils idéaux : jeunes diplômés bac+2 à bac+5 cherchant une première expérience structurée à l'étranger ; jeunes professionnels avec 2-5 ans d'expérience qui veulent acquérir un savoir-faire spécifique en France ; profils tech-numérique (développeurs, data, DevOps) ciblant un employeur français spécifique pour 12-24 mois.

Profils pour qui c'est moins adapté : projets d'installation durable en France (préférer le visa salarié standard ou le passeport talent) ; situations familiales nécessitant le regroupement immédiat (préférer le passeport talent) ; profils ouvriers BTP/transport (la voie standard avec métier en tension est souvent plus simple et offre une perspective plus durable).

Combinaison gagnante : 28 ans, ingénieur informatique INSAT, recruté pour 24 mois chez une scaleup parisienne. Démarche initiée mi-juin, visa délivré début août, arrivée en septembre. Au bout des 24 mois, bascule sur passeport talent salarié hautement qualifié si l'employeur prolonge.

Offres ouvertes aux candidats tunisiens

6 offres sélectionnées · tous secteurs. Liste rafraîchie quotidiennement depuis France Travail et les employeurs partenaires OuiJob.

Questions fréquentes

Le statut jeune professionnel est-il vraiment utilisé en 2026 ?
Oui, mais sous-utilisé par rapport à son quota. Sur les 1 500 places annuelles théoriques, moins de la moitié sont consommées chaque année selon les retours informels du ministère tunisien de l'Emploi. C'est précisément l'opportunité : la voie est juridiquement opérationnelle, le quota n'est pas saturé, mais peu de candidats et d'employeurs en font la demande.
Quelle différence entre le statut jeune pro tunisien et le statut jeune actif algérien ?
Les deux dispositifs sont similaires sur le principe (18-35 ans, durée limitée, procédure simplifiée). Différences : (1) quota : 1 500 places/an pour la Tunisie, 200 places/an pour l'Algérie ; (2) durée : 3-24 mois pour la Tunisie, 3-24 mois pour l'Algérie ; (3) fondement juridique : accord 2008 vs accord 2015 (ratifié 2024) ; (4) opérateur local : ANETI active vs ANEM peu impliquée.
Puis-je basculer du statut jeune pro vers un titre de séjour standard avant les 24 mois ?
Oui, sous conditions : un nouvel employeur signe un CDI ou CDD ≥ 12 mois avec vous, dépose une nouvelle demande d'autorisation de travail DREETS dans le cadre du régime CESEDA standard, vous obtenez un nouveau visa ou titre de séjour. Pratiquement, c'est faisable mais nécessite l'engagement actif de l'employeur destinataire.
Le statut jeune pro donne-t-il accès à la sécurité sociale française ?
Oui — dès le premier jour de travail. Vous êtes affilié au régime général de la sécurité sociale, à la mutuelle de votre entreprise, et bénéficiez des mêmes droits qu'un salarié français en termes de soins, indemnités journalières, retraite (cotisations).
L'employeur français doit-il être membre d'un dispositif particulier pour participer ?
Non, en principe. Tout employeur français peut recruter un jeune professionnel tunisien dans le cadre de l'accord 2008. La condition est d'adapter le contrat (durée, rémunération minimum conventionnel, qualification requise) et d'engager la procédure DREETS dans la voie « jeune professionnel ». Certains employeurs le savent peu — c'est pourquoi OuiJob accompagne aussi les employeurs sur ces démarches.
L'accord 2008 est-il aussi appliqué que l'accord algérien 1968 ?
Différemment. L'accord 1968 crée un régime dérogatoire global de droit au séjour pour tous les Algériens (avec ou sans contrat de travail) ; l'accord 2008 ne crée pas un régime parallèle complet, mais ajoute quelques dispositifs ciblés (dont le statut jeune professionnel) au régime CESEDA. Les deux sont juridiquement en vigueur en 2026.
Comment OuiJob peut-il m'aider à activer ce statut ?
Trois apports : (1) identification d'employeurs participants côté France (BTP, restauration, numérique) qui acceptent d'engager la procédure « jeune professionnel » ; (2) accompagnement administratif sur les particularités du dispositif (contrat à adapter, dossier ANETI) ; (3) suivi à l'arrivée. Le service reste 100 % gratuit pour le candidat (article L5321-3 du Code du travail).

Sources & transparence

Page mise à jour le 24 mai 2026 Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.